Philips EE20 : retour aux sources de l’électronique à transistors

J’avais environ 10 ans quand le grand Saint Nicolas, à ma demande, m’apporta une boîte Philips EE20. C’était fin des années 60.
Terminé de démonter les rikètes* qui passaient à ma portée.
J’allais enfin pouvoir fabriquer des appareils !
J’étais aux anges…
J’ai retrouvé dans mes trigus*, après plus de 50 ans, les fiches des montages de cette boîte et quelques feuilles du manuel.
Les documents originaux ci-dessous sont fournis à titre de référence historique pour la restauration. Tous les droits appartiennent respectivement à leurs ayants droit.
J’ai également remis la main sur les systèmes à ressorts. Je n’en reviens pas d’avoir conservé ces camatches* pendant tout ce temps !

Une question me vient à l’esprit : suis-je encore capable de réaliser un de ces montages ?
Le sort en est jeté, je me dois de le faire.
Je jette mon dévolu sur la fiche A5, l’orgue électronique à 8 touches.
Cependant, je n’ai pas retrouvé la plaque de montage. Qu’à cela ne tienne, l’impression 3D va résoudre ce problème !
Une matrice de 16 x 10 trous de 5 mm, avec un entraxe de 15 mm et 4 petits pieds.
Le dessin est simple. Quelques grammes de PLA et le tour est joué.

Un peu plus tard, après avoir posé la fiche sur la plaque, placé tous les ressorts nécessaires …

Ajout des composants et câbles …

Connexion de l’alimentation, du haut-parleur et d’un oscilloscope …

J’ai malgré tout un peu triché par rapport au montage original !
N’ayant plus de transistors AF116 ni AC126 au germanium, j’ai utilisé des BC557 au silicium.
J’ai aussi remplacé le haut parleur de 150 ohms par une résistance et utilisé un haut parleur de 8 Ohms amplifié par un étage à BD203.
Pour le reste, j’ai respecté les valeurs des composants d’origine.
L’orgue ainsi réalisé mérite d’être accordé car il ne sonne pas très juste. 🙁
Cependant, le but n’était pas d’atteindre la perfection mais bien le plaisir de refaire un de ces montages et de voyager dans le temps. Doc Brown aurait forcément apprécié 😉
Et ça fonctionne !
Persuadé que bon nombre de passionnés ont, comme moi, découvert ce monde merveilleux grâce à cette boîte, j’ai interrogé Internet et ai découvert quelques sites :
Et l’on en trouve encore sur Ebay.
Bibliographie
* Mots Wallons :
- rikète, n. f. : Objet digne d’être mis au rebut. → agayon, arèdja, camatche, canetia, carcayes, djônes, èrlique, fèraye, kêlot, nic-nac, racayes, rahis‘, rèni, tchinis’ .
- trigus, n. m. pl. : Décombres, détritus, gravats, immondices, tout déchet inutilisable et gênant. Camion ås trigus, camion de ramassage d’immondices. Tchèrî lès trigus èvôye, déblayer les décombres
- camatche, n. m. : Babiole, bibelot, brimborion, colifichet, machin, objet quelconque. Qu’èst-ce qui c’èst d’ çoula po on camatche ? quel objet est-ce là ? → agayon, arèdja,
canetia, carcayes, djônes, èrlique, kêlot, nic-nac, racayes, rahis‘, rèni, rikète, tchinis’.
Les traductions sont tirées du
DICTIONNAIRE POPULAIRE DE WALLON LIEGEOIS
par Simon Stasse
Edité par le comité de la Société Royale Littéraire La Wallonne en 2004






















